Si vous aussi, vous avez des poules, c’est sûrement votre pire angoisse : Retrouver vos poules tuées, au petit matin, dans le poulailler suite à la visite nocturne d’un prédateur type renard et autres. J’ai imaginé divers titres pour vous raconter ce qui nous est arrivé hier soir :

  • La version basique « Panique au poulailler »,
  • La version angoissante type Chair de Poule « Attaque au crépuscule »,
  • La version jeu de mots « Ca bat de l’aile »,
  • La version poétique « Des crocs et des plumes »,
  • La version horreur « Stupeur et tremblements »,

Mais je n’ai pas su choisir… Alors, passons au récit de nos poulettes adorées.

Une nuit presque comme les autres

23h pile, je monte me coucher. La nuit prend ses quartiers et il ne reste qu’une faible luminosité, celle des paisibles nuits d’été. Il fait encore une petite vingtaine de degrés : Ouf, on va pouvoir aérer un peu. Dehors,  le bruit des derniers tracteurs et de la route toute proche se sont tu depuis plusieurs dizaine de minutes.

Avant de se coucher, chacun vaque à ses activités : Le petit couple de papy mamie d’à coté est encore dans son potager, (à cette heure là, oui, oui ! A la fraîche !), Biquet finit de regarder sa série sur son PC, les enfants sont déjà très bien lovés dans les bras de Morphée.
Un chien aboie au loin, nos poules caquettent encore… Plus pour longtemps vu l’heure. Et moi, je regarde tout cela d’un oeil serein et fatigué, prête à aller dormir.

La fenêtre de la chambre donne sur le potager du voisin. Je les entends parler sans comprendre ce qu’il se dit. J’entends un « ah, les poules…. » mais je n’y prête pas plus attention que cela.
Très sympathiques ces voisins, la dernière fois que nous avons échangé, c’était justement au sujet de nos poules ! Il y avait eu une petite phrase du type « oui, on les entend bien la journée quand on jardine », comme un reproche, mais bon… Biquet m’avait dit de ne pas y faire attention, j’ai dû simplement mal interpréter ce jour là. Mon coté méfiant sans doute.

Pourquoi nous avons pris des poules

Cela est récent : elles sont arrivées en septembre 2017 ! Nous avons vu un grand nombre d’avantages à mettre des poules dans notre jardin :

  • Un animal « de compagnie » amusant pour les enfants (ils en sont gaga, surtout Choupi!) et une bonne raison d’aller jouer dehors été comme hiver,
  • Intéressant pour les parents avec des œufs 100% bio, pondus tous les jours ou presque,
  • Un allègement de nos sacs poubelle avec nos « recycleuses » sur pattes ! Ce n’est pas une légende, les poules, ça mange de tout : déchets alimentaires (restes des repas des enfants), insectes nuisibles au potager, leurs propres coquilles d’œufs concassées, …
  • Un minimum de contraintes : vie dehors et donc intérieur préservé des odeurs etc., résistantes aux maladies et aux conditions météo,
  • Peu de désavantages à part bien sûr de penser à les nourrir, leur donner à boire, nettoyer à fréquence constante (il y a un minimum de responsabilité, c’est un animal, il a un petit cœur qui bat…) et s’organiser pour les vacances (ce n’est pas le plus gros souci, les parents/amis n’habitant pas loin sont très contents de venir nourrir les poules et repartir avec de beaux œufs bio !)

Ce qui est amusant avec des poules, c’est leur proximité. On vous dira qu’il faut en prendre au moins 2 parce que une seule s’ennuierait.
2 poules sont suffisantes pour une famille de 4 personnes pour 1 à 2 repas à base d’œufs par semaine.

Et c’est vrai, que les poulettes sont très proches, toujours ensemble. Si vous en trouvez une, vous trouvez l’autre !
La preuve avec ces quelques photos des inséparables Cracotte (la noire, de race Harco) & Suzie (la blanche, de race Sussex).

Comme un cri dans la nuit

A peine 23h passé, 23h05 grand maximum, j’entends sonner à la porte d’entrée. A cette heure ?
Je descends tranquillement mais on insiste, la sonnerie retentit une deuxième fois. J’attrape la clé et ouvre. La voisine, la petite mamie, est là devant moi en panique :

« Le chien là-bas, il est sur vos poules ».

Je suis un peu abasourdie, j’allais me coucher. Dans ma tête, j’étais plus trop là déjà. A peine je sors sur le pas de la porte, plus de chien, plus de poules. Et là, devant la mamie qui s’attendait sûrement à ce que je bondisse sur le chien, tout s’éclaire dans ma tête… Le chien qui a aboyé tout à l’heure, il y a de ça 2 ou 3 minutes, les poules que caquettent à cette heure là alors qu’elles sont couchées, la discussion dehors où le mot « poule » est venu jusqu’à mes oreilles… L’attaque des poules était en fait en cours à ce moment là.

Je reprends mes esprits dans une fraction de seconde et suit la mamie jusqu’à mon poulailler ouvert : le couvercle est cassé, par terre et le pondoir est vide.

Scène de crime aux abords du poulailler

La première chose qui me choque, c’est le nombre de plumes de Suzie qui se trouvent à côté du poulailler. Nous nous dirigeons, les voisins et nous, vers la haie où le chien fait les 100 pas. Il cherche, il renifle, il fouille car il a lâché sa proie et le regrette déjà.

Nous découvrons le prédateur : une chienne de type Labrador à poils longs. Apparemment  prénommée Lola, le voisin nous apprend que celles c’est le chien du voisin habitant en bas du quartier et que ce chien est croisé chien de chasse… Là, c’est l’info de trop ! Dans mon esprit, je sais qu’elles sont mortes, au moins Suzie. Avec la taille du chien et ses caractéristiques, avec toutes ses plumes près du poulailler mais aussi éparpillées au milieu du jardin : l’attaque a dû être violente et elle n’a pas pu sortir.

Le temps que notre adorable mamie prévienne le propriétaire du chien, notre petit papy part à la frontale explorer la haie. Rien. Les poules sont introuvables. Une lueur d’espoir est possible. Se sont-elles échappées ? Se sont-elles perchées ? Où avons nous tout simplement pas chercher les cadavres de nos poules au bon endroit… Le chien a-t-il été plus loin que l’on ne le pense ?

Rencontre avec le propriétaire de Lola

Entre-temps, le chien a été chassé de notre propriété et est reparti en balade.
Le propriétaire arrive et, très embêté, multiplie les excuses. Il reviendra nous voir demain pour nous indemniser des poules perdues.
La fatigue se faisant sentir (il est déjà minuit passé!), chacun retrouve son chez-soi.

On garde espoir de les retrouver vivantes mais on ne sait vraiment pas par quel miracle… Le voisin a tenté de nous rassurer : vu son âge, il a l’air de s’y connaître ! Il s’est aussi voulu rassurant devant nos têtes défaites et fatiguées.

Avec Biquet, nous allons nous coucher rapidement. Cet événement a quelque peu bousculé notre fin de soirée ! Demain, il faut se lever tôt pour amener les enfants à l’école et partir travailler. Avant ça, les enfants iront voir les poules dans le poulailler avant de monter dans la voiture, comme d’habitude. Il faudra alors leur expliquer pourquoi les poules ne sont plus là et justifier le tas de plumes…

 

Poules attaquées : le jour d’après

7h40 : je suis déjà dehors et espère recroiser mes poules. Mais une fois arrivée devant le poulailler et le tas de plumes de Suzie, puis de Cracotte : mes espoirs disparaissent. J’appelle mes poules (j’ai un petit cri spécifique, auquel elles réagissent à chaque fois en caquetant). Aucune réponse. Le dépit me gagne.

Je rentre à la maison après 10 bonnes minutes de recherche. Les enfants ne sont pas encore levés. Avec Biquet, nous commençons à réfléchir à comment nous allons annoncer ça à Choupi et Choupette.

Nous reprenons nos habitudes du matin et activons le pas pour être à l’heure à l’école. Biquet monte donner les habits aux enfants. Il va bientôt falloir gérer la tristesse et leurs larmes

Je jette un dernier coup d’œil dehors et m’apprête à tirer le rideau quand j’aperçois, côte a côte, mes 2 poulettes en balade dans le jardin !

Je ressens votre soulagement d’ici ! Vous avez l’impression de vous êtes fait avoir ?! Ne soyez pas fâché… Vous venez de ressentir exactement la même chose que nous quand on a revu nos 2 poulettes gambader dans le jardin après cet évènement ! On les pensait perdues, agonisantes dans un coin de haie et en fait, tout va bien, comme si rien ne s’était passé… Enfin presque !

Je me précipite dehors, je fais le petit cri d’appel habituel et elles caquettent enfin en réponse ! L’objectif maintenant c’est de les mettre en sécurité.

Retour au poulailler

J’attrape Cracotte, la petite poule noire qui est très sociable et se laisse facilement approcher. Je la regarde sous tous les angles, elle n’est pas blessée.

Maintenant, il va falloir attraper Suzie ! Nous avions mis du temps à l’apprivoiser au début. Avec ce qu’elle vient de subir, elle est de nouveau très farouche ! Je vais rentrer Cracotte. Connaissant Suzie, elle va suivre sa copine ! Et c’est ce qui se passe ! Une fois Cracotte dans le poulailler, je n’ai plus qu’à diriger Suzie. Et hop, tout le monde est de nouveau à la maison !

De loin, notre poule blanche ne semble pas blessée outre mesure. Elle a perdu pas mal de plumes, on devine le point d’emprise de la mâchoire du chien mais il n’a pas réussi à planter dans sa chair. Elle aussi va bien !

 

Ce que cette attaque de poules nous a appris

Morale de l’histoire : Y’a pas à dire, les animaux, ça vous fait aussi faire du social… au même niveau que la récupération des ballons de foot dans les jardins !

Mon petit couple âgé est vraiment adorable : ils n’étaient vraiment pas obligés de venir nous prévenir, surtout à cette heure là. Mais, ils étaient là et on même cherché les poules dans la nuit, à la frontale, derrière les haies.

Le voisin, propriétaire du chien, vient nous voir demain pour nous dédommager des poules… Il n’a pas encore eu connaissance de l’issue de la soirée !
On hésite encore à lui présenter 2 poulets rôtis… Mais Suzie a tellement crié dans tout le voisinage sa liberté retrouvée ce matin dès 8h… Libérééééée, délivrééééée ! (Spéciale dédicace à notre Choupinette !)

La réaction des enfants

Les enfants, quant à eux, ont pu apprécier l’histoire comme vous !

La petite nous a fait rire car elle a eu des réactions très exagérées avec des phrases du type « Ohlala ; elles sont trop fortes nos poules ; c’est des super-héros de poules ». Le grand lui n’y a pas cru au début et rigolait de notre histoire à gorge déployée… il a beaucoup moins rit quand il a vu les tas de plumes éparpillés dans le jardin. C’est vraiment à ce moment-là qu’ils ont pris conscience tous les deux de ce qui s’était passé la veille.

En tant que parents, c’est à ce moment précis, quand les enfants main dans la main, regardaient les traces laissées pour l’attaque du chien sur nos poules qu’on a vu dans leurs yeux comment ils tiennent à leurs 2 poulettes adorées. Certes, ce ne sont que des poules mais toute la famille y est vraiment très attachée.

Maintenant que vous êtes arrivé au bout de cette aventure haletante, voici un autre titre qui pourrait bien correspondre à cette histoire et son happy-ending !

  • La version Pyjamasques (oui, nous avons 2 enfants !) : « Cracotte et Suzie se rebellent contre Lola » !
  • Si vous avez un autre titre, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire !

A bientôt pour les nouvelles aventures de Warrior (Cracotte) & Survivor (Suzie)… Oui, on songe sérieusement à les rebaptiser !

Prochaines étapes

  • Construction d’un poulailler sécurisé (c’était déjà au programme, c’est devenu une priorité !)
  • Intégration d’une nouvelle poulette, idéalement grise, type Coucou de Rennes… Et oui, bretons un jour, bretons toujours !

Prenez soin de vous.. et de vos poulettes 😉